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Comme lors des deux derniers Championnats de France, Renaud Lavillenie arrivera dimanche sur la nouvelle piste du Palais Omnisports de Paris Bercy en favori. Avec un saut à 5,82 m
en décembre (deuxième meilleure performance mondiale de l’année), le Clermontois espère enfin conquérir ce week-end son premier titre de champion de France senior et mettre fin à la
malédiction. Car, pour l’instant, il a dû se contenter à trois reprises de la deuxième marche du podium lors des France, à chaque fois derrière un certain Romain Mesnil... Le titre
national est donc le principal objectif de l’élève de Damien Inocencio. Même s’il salive déjà à l’évocation de possibles retrouvailles avec l’Australien Steve Hooker dans deux semaines à
Doha. Interview.
Renaud, quel regard portez-vous sur votre début de saison ? Je n’avais pas préparé les meetings auxquels j’ai participé. J’ai sauté pour effectuer des réglages et pour
aller chercher un peu de confrontation. A Bordeaux, je fais une bonne compétition où je rate de très peu 5,83 m. A New-York, lors des Millrose Games, la piste d’élan était trop courte et
il fallait que je jongle avec les courses de demi-fond qui se tenaient en même temps que le concours de perche. Enfin, à Stuttgart, j’ai testé mon nouveau matériel et quoi qu’on dise,
j’ai sauté encore à 5,70 m. Mon véritable objectif, c’est le mois de mars. Ma saison va vraiment commencer ce week-end.
Comment s’est déroulée votre préparation ? Je suis en forme. Je n’ai pas de pépins physiques et j’ai réussi à retrouver de l’engagement et de la hauteur sur mes sauts
à l’entrainement. Je n’ai que 23 ans et je n’ai pas encore d’automatismes sur les réglages à l’image de garçons comme Romain Mesnil ou Steve Hooker. Ils savent sur chaque saut quelle
perche prendre et où placer les poteaux. Il me manque cette expérience pour être plus régulier et exploiter à fond mon potentiel. Je veux aller très haut. Ma participation à des meetings
cet hiver est allé dans ce sens : passer des barres pour être au top le jour J et ne pas me contenter de sauter à 5,80 m. Je prends des risques. Après, ça passe ou ça casse.
Dans quel état d’esprit abordez-vous ces Championnats de France Elite ? Après trois semaines sans compétition, j’ai hâte de sauter pour conquérir le titre. Comme
le dit le proverbe, il faut savoir régner chez soi avant de régner à l’étranger et, paradoxalement, j’ai fait le contraire. Je suis devenu champion d’Europe avant d’être champion de
France senior. Mais je compte bien y remédier. Je suis plutôt en confiance. J’ai de bonnes sensations à l’entraînement. Ça devrait être un concours intéressant avec une belle bagarre avec
Romain Mesnil et les autres.
Avez-vous des appréhensions par rapport à cette nouvelle piste de Bercy ? Non, pas du tout. Je m’adapte plutôt bien aux différents types de pistes. Il s’agit du même
revêtement que celui utilisé l’an dernier à Turin lors des Championnats d’Europe en salle. Je pars de toute façon dans l’idée qu’un grand champion peut réaliser de belles performances
quelles que soient les conditions. Et puis, ce sera l’occasion de tester cette piste avant les Championnats d’Europe de 2011, lors desquels j’aurai un titre à défendre.
Vous arrivez ici en favori. Vous aviez eu du mal à gérer ce nouveau statut lors des Championnats de France Elite en plein air l’an dernier. Comment vous sentez-vous cette année
? En 2009, tout s’est enchaîné très vite. J’avais des sollicitations médiatiques chaque jour. J’ai voulu trop en mettre en arrivant aux Championnats de France et cela n’a pas
fonctionné. Cette année, j’ai bien appris ma leçon. J’ai maintenant une approche beaucoup plus professionnelle et je maîtrise de mieux en mieux la pression.
Une pression qu’il faudra peut-être également gérer lors des championnats du Monde de Doha dans quinze jours… Je n’aborde pas du tout les rendez-vous internationaux de
la même manière. Aux « Frances », le titre se joue à 5,70 m, 5,80 m. Lors des compétitions internationales, ça monte jusqu’à 5,90, 6 m. Ça n’est ni la même ambiance, ni les mêmes enjeux.
J’ai une revanche à prendre sur Hooker et j’aimerais également battre le record de France en salle (6 m par Jean Galfione Maebashi).
Les performances de Steve Hooker, est-ce quelque chose qui vous motive en pleine préparation ? Quoi qu’il arrive, j’ai cette envie d’avancer en moi, de sauter toujours
plus haut. Je ne me préoccupe pas des autres Je me lance constamment des défis à l’entraînement. Mais Steve Hooker accentue cette envie d’atteindre des sommets. Je sais qu'il peut aller à
tout moment très haut. Il en a fait la démonstration à Berlin.
A la différence d’autres athlètes, vous participez pleinement à la saison en salle. C’est un univers que vous appréciez particulièrement ? Pour les perchistes, la
salle est aussi importante que la saison en plein air. On y retrouve les mêmes personnes. Même s’il y a une plus grande visibilité l’été, le niveau est aussi élevé l’hiver. Et je suis
quelqu’un qui a besoin d’aller chercher la confrontation. La salle a aussi un aspect très convivial. C’est plus petit, ça résonne et le public est proche des athlètes. Ça me motive
énormément pour aller haut.
Propos recueillis par Sarah Duverger pour athle.com
Concours du saut à la perche Dimanche à 15h50 à Paris Bercy.
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